Dans le cadre d’une journée d’étude interdisciplinaire organisée le 16 mars 2022 par Céline Guillot, MCF littérature et Frédérique Giraud, MCF sociologie – du département Information et Communication de l’IUT de Paris – Rives de Seine, et Corinne Benestroff, psychologue clinicienne et docteur en littérature, un appel à participation est lancé. Le thème de cette journée d’étude est “Le bal des actifs : écrire le travail”. Les propositions sont à envoyer avant le 16 décembre 2022.

À la littérature on accorde le talent de la critique et la prospective : non seulement la capacité, de se saisir des enjeux d’une société comme d’en dénoncer les excès et les dysfonctionnements (via l’observation réaliste, la satire voire le pamphlet), mais aussi, celle d’imaginer le meilleur, plus souvent le pire de nos sociétés (à travers l’utopie ou la dystopie).

Le travail, aussi, représente, pour la littérature un objet d’enquête, de révolte ou d’inquiétude et ce depuis le XIXe siècle. La littérature en comprend la langue (son jargon, ses codes, sa rhétorique), incarne dans les corps et les réflexions de ses personnages de fiction ses réalités (la fatigue, la pénibilité, le stress…), elle en transpose les routines, problématise les « situations » (l’aliénation, la précarité, le harcèlement…) auxquels salariés, entrepreneurs, chômeurs sont confrontés. La littérature éclaire en somme les réalités du travail, sous des modalités variées : hyperréaliste ou amplifiée. Dans tous les cas, en les mettant sous les yeux des lecteurs, elle s’en fait la dépositaire

Les progrès techniques de l’automatisation, la robotique, l’informatique, puis la révolution numérique, la réduction du temps de travail, le télétravail, les combats menés pour la justice sociale auraient pu laisser croire que le travail deviendrait moins pénible au XXIème siècle, physiquement et moralement. La réalité crue des inégalités nous rappelle qu’au contraire la pénibilité augmente, qu’elle touche sous des modalités variées ouvriers et cadres. La littérature est là pour en témoigner et s’en insurger.

Le travail, plus que jamais assujetti aux lois du capitalisme financier, s’est détaché du monde réel du travail dont la finalité est pourtant la production de richesses et de valeurs (A. Nothomb, S. Lucbert). Les effets pervers redoutables qu’il alimente – le management de la peur, l’ubérisation – indexés sur les objectifs chiffrés de rendements, de performances, infligent aux salariés un nouveau répertoire des souffrances au travail et des maltraitances auxquels on ne peut rester insensible – (V. Message, S. Abdelnour, F. Bon, L. Kaplan). La littérature pourrait-elle alors devenir une arme (S. Lucbert) dans sa critique radicale contre l’ennui abyssal, la démotivation, le découragement qui nous guette ? Est-ce du côté de l’humour et de l’ironie que les lecteurs pourraient chercher secours (G. Picard, P. Cossery, Z. Shepard) ? ou de l’imagination, au risque d’affronter l’effroi que produisent certaines dystopies totalitaires (Le bal des actifs) ?

Initié et porté par l’IUT de Paris Rives de Seine, en partenariat avec d’autres composantes et laboratoires d’Université Paris Cité, tels que le CERLIS, ce colloque, ouvert autant aux chercheurs en littérature du 20ème et 21ème siècle, qu’en Sciences de l’information et de la Communication, en Sociologie, Philosophie, ou Psychologie, prenant acte des inquiétudes, et des nouveaux questionnements qui gravitent autour du travail, souhaite s’intéresser aux manières dont la littérature, se saisit des mutations majeures des activités humaines et des métiers, des méthodes de management, du monde de l’entreprise et de ses codes et questionne les impacts de ces changements sur notre rapport, notre santé, notre motivation au travail.

On pourrait montrer comment la littérature variant les genres (entre romans d’anticipation et romans du réel par exemple), et les styles (pamphlet, enquête, satire), puisant dans d’autres disciplines (journalisme, philosophie, psycho-sociologie, littérature) des concepts et des outils, parvient à éclairer les enjeux de notre société contemporaine et à interpeller ses lecteurs à travers des questions essentielles : à quoi sert le travail ? quelle place occupe-t-il dans nos vies contemporaines ? quelles révoltes et rébellions nous inspire-t-il ? Quelles dérives doit-on redouter ? Et pour demain, quel travail imaginer ?

 

 Journée d’étude interdisciplinaire suivie d’une table ronde en présence d’Arno Bertina, Yves Pagès et Vincent Message, consacrées au regard que la littérature porte sur le monde du travail et ses évolutions récentes : regards croisés entre littérature, sociologie, psychologie et philosophie – 16 mars 2023 à l’IUT de Paris – Rives de Seine (Université Paris Cité). 

 

Envoyez votre proposition à celine.guillot@parisdescartes.fr, frederique.giraud@parisdescartes.fr et à c.benestroff@gmail.com / 3000 signes maximum avant le 16 décembre 2022. 

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